samedi 3 décembre 2016

Prendre Lily - Marie Neuser

Couverture : Prendre Lily
Auteur: Marie Neuser
Éditions: Pocket

Résumé:
Une mère de famille retrouvée assassinée dans sa baignoire, les seins tranchés, les doigts comme un écrin renfermant deux mèches de cheveux. Le corps d'une étudiante coréenne abandonné la nuit dans un quartier désert. Et des jeunes femmes qui témoignent : leurs cheveux coupés net, tandis qu'elles vivent, marchent, respirent dans une petite ville balnéaire d'Angleterre qui ne connaît pas les débordements. Non loin de la salle de bains de Lily Hewitt vit Damiano Solivo. On lui donnerait le bon Dieu sans confession si ce n'étaient ces déviances auxquelles il s'adonne en secret. Mais son épouse peut le jurer : Damiano est innocent. Damiano est même victime. Victime, oui : de la complexité d'une machinerie sociale et judiciaire qui sait comment on façonne les monstres.

Premier volet du dyptique « Prendre Femme » basé sur une histoire vraie, Prendre Lily est un thriller délicieusement frustrant porté par la plume incisive de l'auteur française Marie Neuser.
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 C'est cette madame-là. Dites bonjour, me faites pas honte.

Ce roman analytique et psychologique débute par une découverte macabre : le corps sans vie d'une femme, Lily, affreusement mutilée dans sa baignoire. A l'instant de la découverte, Gordon McLiam, un enquêteur prêt à tout pour que justice soit faite, sait déjà que l'affaire dans laquelle il se lance sera difficile et que la vision insoutenable du corps de Lily lui laissera des séquelles.

Gordon se plonge alors corps et âme dans son enquête sans parvenir à remonter à la surface pour reprendre sa respiration. Tout au fond d'un océan de preuves qui s'additionnent, se contredisent et se font désirer, il ne cesse de fixer l'obscurité, où l'attend un assassin qui ne cesser de passer entre les mailles du filet. En effet, le meurtrier est très vite identifié et c'est justement là que réside toute la frustration : quoi qu'il arrive, il parvient à échapper à l'arrestation : vice de procédure, manque de pièce à conviction, alibi difficiles à démentir, etc... Tout semble de son côté et l'injustice de la situation participe à plonger l'enquêteur, extrêmement investi émotionnellement, dans les recoins les plus sombres de sa personnalité.
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On remarquera que ce GIF n'a rien à voir avec la chronique mais je l'aime. Donc je pose ça là.

Malgré cinq cents pages bien fournies et un rythme plutôt lent, le lecteur ne parvient pas non plus à reprendre son souffle, tournant les pages, les unes après les autres, mêlant ses espoirs et déceptions à ceux de Gordon et attendant impatiemment que le meurtrier soit puni. L'attente n'est pas la seule chose que nous partageons avec l'enquêteur ; espoir, frustration, impatience... Tout un panel de sentiments nous accroche et nous plonge toujours plus profondément dans ce thriller si particulier dans lequel nous connaissons presque dès le début l'homme qui a tué Lily.

Prendre Lily suit donc cette longue enquête de huit ans et ne laisse pas le lecteur dans son coin ; le mettant au courant de toutes les difficultés auxquelles un enquêteur doit faire face. Administration qui n'avance pas toujours aussi vite qu'on le voudrait, résultats d'analyses qui se font attendre, mandats difficiles à obtenir... Soyez prévenus ! Prendre Lily vous obnubilera autant que Gordon est obsédé par son enquête et vous serez impatients et frustrés... d'une manière délicieuse, 500 pages durant. Mettez de côté toutes vos certitudes et vos habitudes en matière et polar et lancez-vous !
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2 commentaires:

  1. Mais c'est que ça a l'air glauque tout ça. Je ne m'attendais pas à autant de violence de ta part, femme.

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  2. Une lecture très intéressante !

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Je viens de découvrir que je pouvais mettre un message ici... Bonjour. Si vous laissez un commentaire vous aurez des crêpes au nutella.